Télémédecine : améliorer les soins et le système de santé ?

Télémédecine

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Comment ralentir la montée des prix de l’assurance maladie ? Peut-on imaginer un jour une réduction des primes ? Atteindre cet objectif semble bien difficile. Il faudra passer par de nombreuses réformes et innovations. Il est donc urgent d’expérimenter.  A cet égard, la télémédecine est un des modèles alternatifs prometteurs.

Le prix de la santé et la télémédecine

Malgré une faible baisse temporaire, la tendance générale est claire – les primes LaMal augmentent continuellement. L’assurance maladie LaMal a été instaurée il y a une vingtaine d’années. Elle ne devaient pas avoir de primes qui dépassent 8% du budget des familles. Aujourd’hui, elles représentent entre 15 et 20% des dépenses pour un ménage. Rien ne semble pouvoir stopper cette escalade des coûts liés à la santé.

Non seulement cette tendance ne devrait pas s’inverser ces prochaines années, mais tous les signaux indiquent même qu’elle devrait s’accentuer. Entre le vieillissement de la population, l’utilisation de technologies médicales de plus en plus chères, l’apparition de nouvelles pandémies et une demande des consommateurs toujours plus exigeante – l’explosion des coûts semble inexorable.

La télémédecine en Suisse

Lors de la pandémie COVID-19 et le confinement, le modèles alternatif LaMal télémédecine a eu particulièrement le vent en poupe.

En 2020, le nombre de consultations en ligne a doublé. Par messages électroniques, via Whatsapp, et même parfois par des chatbots, les téléconsultations ont participé au désengorgement des hôpitaux.

À titre d’exemple, les Hôpitaux universitaires de Genève ont mis en place une plateforme sur mobile qui permet le suivi par visio-consultation des patients qui sortent de l’hôpital. Les ordonnances sont ensuite délivrées par la poste ou dans la pharmacie la plus proche. Le but est bien entendu d’éviter les charges et les coûts de déplacement, que ce soit pour le patient ou le médecin.

En comparaison au Canada ou aux États-Unis, la Suisse est en retard dans ce domaine. Le frein à la télémédecine en Suisse serait principalement d’ordre psychologique. Beaucoup considèrent qu’une « vraie » consultation doit se dérouler physiquement. La crise du coronavirus a contribué à réévaluer ces considérations. Par nécessité, elle a imposé cette nouvelle pratique.

 

La télémédecine ailleurs

En France, Doctolib est une vitrine de la télémédecine.  Cette plateforme française a récemment passé le cap des 2.5 millions de téléconsultations. Ses fonctionnalités étaient d’abord limitées à la prise de rendez-vous en ligne. Elles se sont maintenant enrichies de consultations videos. Cette pratique de la télémédecine est toutefois bien plus récent et moins développé que dans d’autres pays.

En Chine, la télémédecine est une pratique banale. Tencent et Alibaba rivalisent d’inventivité en matière de Health Tech pour satisfaire l’énorme classe moyenne émergente.

C’est toutefois Dubaï qui se positionne pour l’instant comme le Hub mondial de la télémédecine. Observer le secteur florissant des Health Tech de Dubaï permet de se faire une idée sur les futurs produits du secteur.

 

L’efficacité de la télémédecine

Comme le confirme le président de la société vaudoise de médecine (SVM), avec la télémédecine, «un médecin expérimenté peut probablement atteindre à 80% un bon diagnostic».

Le généraliste neuchâtelois Jean Gabriel Jeannot va encore plus loin, en soulignant que «malgré la distance, des études canadiennes montrent que la concentration du patient est encore plus grande en vidéoconsultation qu’en cabinet».

Pour combler son retard, le système d’assurance helvétique est bien décidé à soutenir ces nouvelles dynamiques. D’une part, l’assurance maladie de base (LaMal) rembourse les téléconsultations. D’autre part, il y a bien longtemps que les assureurs maladie suisses ont intégré la télémédecine dans leurs offres.

 

Les assureurs avaient déjà lancé la télémédecine

La télémédecine a été lancée en Suisse par les Caisses d’assurance maladie qui ont intégré le telmed dans la panoplie des modèles alternatifs. Ces variantes à la couverture médicale obligatoire LaMal ont pour objectif de réduire le coût des prestations et donc des primes de l’assuré.

En contrepartie de primes moins chères, l’assuré est contraint d’appeler une centrale téléphonique qui effectue un premier niveau de diagnostic. La version d’origine se limite à un échange téléphonique avec des téléconseillers. Leur fonction se limite à identifier les cas bénins et procéder à un premier filtrage des patients.

Depuis, les assureurs ont enrichi les modèles avec la téléconsultation vidéo, le routage à distance vers des spécialistes, la dotation d’appareils qui permettent l’auto-consultation à distance (ORL, stéthoscope, tension…), l’émission d’ordonnances et même la production d’arrêts de travail…

 

La télémédecine va plus loin encore avec les assureurs

Le développement rapide des offres de télémédecine démontre l’importance de cette nouvelle dynamique.

L’offre TytoHome de l’assureur SWICA est emblématique. Il se compose d’une petite trousse qui contient des petits dispositifs à utiliser avec son téléphone portable. Ils permettent de procéder à des examens médicaux sur soi et ses proches. Mesure de la température, examen des oreilles, de la gorge, de la peau, du rythme cardiaque ou encore de la langue – la palette d’utilisation est très large.

Le prix de l’appareil (de l’ordre d’une mensualité de primes) varie en fonction de votre couverture d’assurance. Les téléconsultations sont gratuites.

 

L’innovation et l’arrivée de nouveaux dispositifs

Une première tendance clé est celle du monitoring personnel et continu. Dans nos pays, il est encore réservé aux cas les plus critiques. L’entreprise TrueDoc souhaite généraliser ce type de service. Équipés de capteurs à même le corps, plus de 4 millions d’usagers sont surveillés en permanence par les employés de cette entreprise dubaïote.

Deuxième tendance – celle des cabines mobiles équipées. Dans les prochaines années, des cabines équipées des outils nécessaires aux autotests de base devraient amener la télémédecine à un niveau supérieur.

Si la chirurgie robotique a déjà essaimé dans de nombreux hôpitaux – notamment aux HUG, celle-ci est toujours pratiquée par un chirurgien sur place. Bientôt, il devrait être possible de mener l’opération à distance. Ce serait d’ailleurs une des applications de la 5G. En Chine, une opération sur le cerveau d’un patient a été réalisée avec succès – chirurgien et patient était séparé de 3000 kilomètres.

Enfin, tout indique que l’intelligence artificielle deviendra centrale dans les pratiques télé-médicales de demain. Particulièrement performantes dans la détection de tumeurs, les IA ingurgitent des millions d’images et “apprennent” ainsi à repérer les situations qui risquent de dégénérer.

 

Une nouvelle relation soignant-patient

La télémédecine n’est pas simplement l’évolution d’une pratique professionnelle. C’est également un changement dans la relation entre soignants et patients.

Le patient n’est plus uniquement pris en charge de manière passive. Il est davantage responsabilisé. Il est même parfois sollicité pour prendre des mesures par lui-même, procéder à des contrôles qu’il enverra par la suite au médecin.

Le médecin quant à lui, doit délaisser quelque peu les outils d’auscultation pour se concentrer sur l’attitude et le discours du patient. C’est de moins en moins un corps qu’il s’agit d’examiner, et de plus en plus une voix qu’il s’agit d’écouter. L’expérience subjective, l’appréciation de l’expression du patient gagne en importance.

 

Les avantages de la télémédecine pour les soins

En déchargeant les hôpitaux, en numérisant les consultations lorsque c’est possible, en déléguant aux patients certains gestes simples d’auto-contrôle, de nombreux coûts inutiles pourraient être évités. Mais là n’est pas le seul avantage de la télémédecine.

En effet, en diminuant les passages à l’hôpital, on diminue également les risques de maladies liés au contact avec d’autres patients dans les salles d’hôpital. Les risques iatrogènes, c’est-à-dire liés aux milieux et aux actes médicaux, sont importants. Ils ne doivent pas être pris à la légère dans une démarche d’amélioration du système de santé.

Enfin, la télémédecine pourrait également venir pallier le manque de médecin généraliste.

En bref, la télémédecine pourrait bien devenir l’un des modèles alternatifs qui nous permettent de diminuer les coûts du système de santé tout en améliorant la qualité des soins.

Les défis de la télémédecine

Les défis pour réussir ces nouveaux développements ne sont pas d’ordre technique car les innovations sont déjà à portée de main. C’est plutôt sur le terrain juridique et psychologique que se trouvent les principales barrières.

À qui revient la responsabilité lorsqu’un problème technique advient ? En cas de mauvaise utilisation d’un dispositif d’auto-consultation, quels sont les droits pour les patients ? Où vont nos données médicales une fois transmises ? Est-ce le moment de remettre le sujet du dossier médical digital sur la table ?
Ces questions légitimes sont à traiter dans un débat démocratique et ouvert. En effet, LaMal est une loi, son évolution passe par des votations. Pour préparer l’avenir, améliorer les soins et le système de santé suisse, on voit mal comment ce débat pourra être évité.

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